Par Katia Nunes

 

Ils viennent de Berlin, Valbonne, Sarrebruck, Hambourg, Fontainebleau, Landstuhl, Massy, Sèvres ou encore Saint Germain en Laye. Le 22 Janvier, 1000 lycéens ont eu, grâce à la Plateforme EEE (Europe Education Europe), l’occasion d’échanger par vidéoconférence avec d’importantes personnalités françaises et allemandes. Myriam Grafto (conseillère culturelle adjointe à l’ambassade de France à Berlin), Andreas Klassen (ministre conseiller des affaires culturelles à l’ambassade d’Allemagne à Paris) et Killian Quenstedt (responsable du service d’informatique et de documentation du DAAD à Paris) les ont écouté. Les jeunes ont également reçu un message de Nathalie Loiseau (ministre chargée des affaires européennes) ainsi que de Marlies Ullenbloom et Andre Karg, qui représentaient la BVMW (Bundesverband Mittelständische Wirtschaft, cousine allemande de notre CGPME). Cette initiative était organisée par Czeslaw Michaelewski (professeur de philosophie, Président de l’association Europe, Éducation, École) et Nelly Guet (ancienne proviseure, responsable de la plateforme Alerteducation) et était encouragée entre autres par Emmanuel Macron, Franck-Walter Steinmeier et Angela Merkel, président fédéral et chancelière fédérale d’Allemagne.

 

 

 

 

Ce que l’on peut en retenir : les jeunes français et allemands ne ressentent pas l’amitié entre les deux pays de la même manière, tant dans leur quotidien que dans leur parcours scolaire. En effet, si la plupart des lycéens français présents ont déclaré ressentir une intense collaboration entre les deux pays, notamment par l’existence de classes européennes, de programmes d’échanges ou encore de l’abi-bac et de lycées franco-allemands, il en est autrement outre-Rhin. « L’amitié franco-allemande, nous ne la ressentons pas beaucoup » a déclaré une lycéenne de Hambourg, qui affirme cependant que l’abi-bac « crée de la diversité » dans son pays. De par sa proximité avec la frontière française, des lycéens de Sarrebruck pensent autrement. « Nous vivons l’Europe au quotidien » a même affirmé l’un d’entre eux, évoquant entre autres ARTE, le théâtre de Sarrebruck ou encore l’existence de facultés bilingues. L’opinion sur le sujet était donc plutôt divisée.

 

 

Si les lycéens français ont assuré qu’ils ont pu « tisser des liens avec l’autre pays », les jeunes allemands ont pour la plupart déploré un manque de contact entre élèves français et allemands. Un manque de contact qui engendre forcément un manque de connaissance de l’autre. C’est ainsi qu’une lycéenne du lycée international de Valbonne a partagé les résultats d’un sondage effectué auprès de tous les lycéens et personnels de son établissement, tous âges et toutes origines confondues : les premiers mots que les plus jeunes associent à l’Allemagne sont la bière et les Bretzel tandis que les plus âgés d’entre eux pensent davantage aux deux Guerres Mondiales ou à un partenariat économique.

 

 

 

 

Une autre problématique était ensuite évoquée, et pas des moindres : comment approfondir la collaboration franco-allemande au lycée, à l’université et en entreprise avec deux systèmes scolaires différents ? Cet échange était également conçu pour combler un manque d’infirmation, tant de la part des élèves que de leurs professeurs, sur les possibilités d’études en Allemagne ou bien de reconnaissance mutuelle des diplômes français et allemands. Le DAAD (le service d’échange universitaire franco-allemand) permet ainsi aux lycéens et étudiants de s’informer sur les autres programmes existants en dehors du fameux Erasmus. Il y a par exemple l’UFA (Université Franco-allemande), un important réseau d’universités françaises et allemandes en partenariat. Etudiants français et allemands peuvent de cette manière réaliser un double cursus , reconnu dans les deux pays dans le cadre de l’EEES (Espace Européen de l’Enseignement Supérieur). Ils peuvent même obtenir une bourse d’études pour leur permettre d’exaucer leur souhait d’études en Allemagne ou en France ou bien Marlies Ullenbloom a également rapellé que des écoles comme HEC ou l’ESSEC ont des partenariats avec des facultés allemandes. Bilan : l’amitié franco-allemande, qui mérite d’être approfondie et de durer dans le temps, donne ainsi aux jeunes, français et allemands, des opportunités de concrétiser leurs projets. Petit message d’Andreas Klassen pour eux : « Sie sind die Zukunft der deutsch-französischen Freundschaft ».

 

 

Par Redaktion ParisBerlin le 12 février 2018