Par Anna Péan

 

ParisBerlin : D’où vient ton nom de scène Thylacine ? 
William Rezé : D’un animal disparu aujourd’hui. J’ai tout de suite adoré ce mot, et j’aime bien l’idée de donner une autre vie à un mot en voie de disparition, plutôt que d’inventer un nom esthétique qui n’a aucun sens.

Ce n’est pas trop intimidant de venir jouer à Berlin, LA capitale électro ?
Honnêtement, pas vraiment… Peut être parce que Paris, où je vis, a aussi une belle histoire côté musique électronique. Et puis tout simplement je n’ai pas vraiment l’habitude de stresser pour un concert. Au contraire, j’ai plutôt hâte !

Est-ce qu’il y a des compositeurs ou des groupes allemands qui t’inspirent ?
Oui beaucoup ! Ça a commencé avec Paul Kalkbrenner, puis Modeselektor, Apparat, Michael Mayer et tellement d’autres. Il y a quelque chose de l’ordre de l’émotion mélangée à une certaine rigueur que j’aime beaucoup en Allemagne.

Tu as composé ton dernier album « Transsiberian » avec différents sons pris lors de ton voyage en Russie. Comment ça s’est passé ?
Encore mieux que j’avais pu l’imaginer ! Les rencontres humaines, qui sont aussi devenues des rencontres musicales pour certaines, ont été très fortes et surtout très inspirantes. Composer dans des endroits aussi fous après avoir rencontré des gens de culture totalement différente est une expérience assez géniale. Et j’adore définitivement composer dans le train.

Tu es retourné en Russie pour offrir des albums aux différentes personnes. Comment ont-ils réagi en écoutant l’album ?
Ils étaient très touchés que je puisse mettre en avant leur petit village ou chants traditionnels. Et que je fasse le trajet pour leur offrir des disques aussi. C’était un beau moment.

Tu as suivi une formation classique au conservatoire et tu joues du saxophone sur scène. Qu’apporte ce genre d’instrument à la musique électronique ?
Avec une éducation classique on a forcément une vision un peu particulière de l’écriture musicale, et il reste une approche du rythme et de l’harmonie qui doit être un peu différente je pense. Mais après, l’instrument en lui-même ne m’intéresse vraiment que dans l’improvisation en live, dans le fait de pouvoir se lancer et de ne pas savoir tout à fait ce que tu vas jouer.

Que représente la fête de la musique pour toi ?
J’ai commencé mes premiers concerts dans des groupes à la fête de la musique quand j’étais au collège. C’était clairement un rendez-vous à ne surtout pas manquer, on enchaînait même plusieurs fêtes de la musique dans plusieurs villes pendant 2-3 jours.


Thylacine
Transsiberian
21 juin, Concert à la Kesselhaus à Berlin

Par Redaktion ParisBerlin le 21 juin 2016