Par Jacques Docquiert

 

La lutte contre le terrorisme demeure une prérogative essentiellement nationale mais l’Union entend y contribuer chaque fois que la dimension européenne peut en améliorer l’efficacité. « Le terrorisme ne connait pas de frontières. Et nous ne pourrons le combattre efficacement que si nous oeuvrons ensemble tant au sein de l’Union qu’avec nos partenaires mondiaux » a souligné Dimitris Avramopoulos, le commissaire européen chargé des affaires intérieures, en présentant cette semaine une nouvelle série de mesures destinées à améliorer la protection des citoyens dans l’Union.

Les premières concernent les espaces publics très fréquentés qui sont de plus en plus la cible d’actions terroristes comme l’ont montré les récents attentats de Barcelone, Londres, Manchester, Stockholm et Marseille. La Commission va débloquer près de 120 millions d’euros pour contribuer à la sécurisation de ces espaces, 18,5 millions devant être disponibles dès 2017 et 100 millions en 2018 pour participer au financement de « projets transnationaux améliorant les techniques de protection de ces espaces publics ». Outre cette intervention financière, la Commission propose de créer un réseau d’experts favorisant le partage des « bonnes pratiques » dans la sécurisation des lieux sensibles que sont les aéroports, les gares, les stades et les « lieux ouverts constituant des cibles faciles ». Pour priver les terroristes des moyens d’agir, Bruxelles souhaite, par ailleurs, restreindre l’accès aux substances pouvant être utilisées pour la fabrication d’explosifs en énonçant une série de mesures pour empêcher tout usage détourné de certaines de ces substances. L’exécutif communautaire propose également des mesures d’appui technique pour résoudre les problèmes de déchiffrement et de décryptage dans les enquêtes pénales. Il entend également intensifier la lutte contre le financement du terrorisme en levant notamment les obstacles pouvant entraver l’accès aux données concernant les transactions financières.

La Commission souhaite également renforcer l’action extérieure de l’Union dans cette lutte contre le terrorisme. Elle recommande, pour cela, que le Conseil autorise l’ouverture de négociations pour conclure avec le Canada un accord révisé sur les données des passagers aériens après que l’accord signé en 2014 a été retoqué par la Cour de justice européenne qui estimait que la protection dans le temps de certaines données n’était pas suffisante. Elle souhaite également recevoir le feu vert des « 28 » pour conclure des accords avec l’Algérie, l’Egypte, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Tunisie et la Turquie sur le transfert de données à caractère personnel pour combattre le terrorisme et les formes graves de criminalité qui peuvent le financer. Enfin la Commission rappelle qu’elle travaille à la création d’une future unité européenne de renseignement, comme l’a annoncé son président, Jean-Claude Juncker.

 

Par Redaktion ParisBerlin le 19 octobre 2017