Par Jacques Docquiert

 

L’Europe temporise tout en fourbissant ses armes. Cecilia Malmström, sa Commissaire au commerce, avait rendez-vous samedi à Bruxelles avec Robert Lightizer, le représentant au commerce américain, pour tenter de le persuader d’exempter l’Union des taxes à l’importation confirmées jeudi par Donald Trump.

 

« L’Europe est une alliée historiques des Etats-Unis sur les questions de commerce et de sécurité… Nous devons dialoguer avec l’administration américaine pour clarifier la situation » a expliqué, jeudi, Jyrki Katainen, l’un des vice-présidents de la Commission. Il n’a pas caché qu’il espérait que l’Union dans son ensemble serait exemptée de ces taxes de 25% pour l’acier et de 10% pour l’aluminium, au même titre que le Canada et le Mexique, « épargnés » par Donald Trump au titre d’alliés de son pays. De son coté, Bruno Lemaire, le Ministre français de l’économie et des finances, a annoncé qu’il allait réunir lundi à Bruxelles les industriels de l’acier concernés qui opèrent en France. « Nous allons aussi examiner avec l’ensemble de nos partenaires européens quel est l’état de la situation, quelles sont les conséquences qui peuvent en résulter pour tous les pays européens et quelles sont les mesures qui pourraient être prises ». De son coté, la chancelière allemande Angela Merkel , dont le pays est l’un des plus gros exportateurs au monde, n’a pas caché son « inquiétude », tout en prônant, elle aussi, un dialogue pour que l’Europe échappe aux taxes américaines.

 

« La balle est dans le camp américain » observait vendredi un diplomate bruxellois alors que Jyrki Katainen a déclaré, qu’à ses yeux, les taxes américaines constituaient « du protectionisme déguisé » appelant, si elles sont appliquées, une réponse « vigoureuse » de l’Europe. Jeudi, Cecilia Malmström, la Commissaire européenne au commerce, avait annoncé que l’Europe prendrait, à la fois, des meures de rétorsion et des mesures de sauvegarde, compatibles avec les règles de l’OMC, si les Américains taxaient l’acier et l’aluminium européens. M. Katainen a, par ailleurs, mis en garde le Royaume-Uni qui a laissé entendre qu’il souhaitait négocier bilatéralement une exemption avec Washington. Il a, en effet, rappelé que ce pays reste membre de l’UE jusqu’au 20 mai 2019, que la politique commerciale de l’Union est communautarisée et donc de la seule compétence des institutions européennes.

 

Par Redaktion ParisBerlin le 9 mars 2018