Par Anna Péan

 

 

« Vous ne savez pas que ça ne se fait pas de courir quand on est une femme ? » C’est le genre de réflexions que subit Samia Yusuf Omar, interpelée par des miliciens du mouvement islamiste des shebabs implanté en Somalie. Quelques années auparavant, la jeune femme avait représenté son pays dans l’épreuve du 200m lors des Jeux Olympiques de Pékin. Elle n’avait alors que 17 ans. Elle arrivera dernière de la course, mais se verra acclamée par le public et ses proches pour cette performance unique.


Reinhard Kleist, dans sa Bande Dessinée Rêve d’Olympe, retrace le destin tragique de cette athlète qui n’avait qu’une chose en tête : atteindre l’Europe et faire gagner son pays.


Qui sont ces hommes et ces femmes qui souhaitent à tout prix venir en Europe ? Quelles sont leurs histoires ? Reinhard Kleist s’est intéressé au thème de l’immigration et à l’accueil des réfugiés après avoir lu l’ouvrage du journaliste allemand Elias Bierdel, qui a signé la postface de la version allemande de la BD. C’est ce qui l’a conduit à écrire et dessiner l’histoire de Samia Yusuf Omar. L’auteur a ainsi pris contact avec sa famille et ses proches pour ses recherches en ajoutant des parties romancées dans les zones d’ombres auxquelles il n’a pu avoir accès.

 

À travers ses dessins noir-gris-blancs, Reinhard Kleist plonge son lecteur dans les ambitions et les rêves, mais surtout dans les peurs et les angoisses de la jeune femme qui cherche à atteindre l’Europe pour que son pays remporte une course.

 

«Est-ce que vous savez ce que c’est que de ne pas pouvoir réaliser ses rêves parce qu’on vous en empêche ?»

 


Kleist raconte le voyage de Samia Yusuf Omar, comment elle reste en contact avec ses proches, comment elle fait face aux passeurs qui exigent toujours plus d’argent pour des trajets toujours plus précaires et dangereux. L’auteur n’hésite pas à placer ainsi des fenêtres de dialogues Facebook dans sa BD, qui permettent de suivre ce dialogue permanent mais risqué entre la jeune femme et sa famille.

 

Rêve d’Olympe, à lire dans sa version française à partir du 29 juin.

 

 

 

 

Par Redaktion ParisBerlin le 22 juin 2016