Raviver la démocratie européenne, c’est le sens qu’Emmanuel Macron, l’Européen, veut donner à ses interventions, mardi devant les élus européens réunis en session plénière dans la capitale alsacienne puis, en fin d’après midi à Epinal, devant des citoyens souvent critiques ou peu mobilisés sur les questions européennes qui façonnent pourtant leur vie quotidienne. Un an après son discours de la Sorbonne énonçant 80 propositions pour relancer l’Union, le Président français entend ainsi reprendre l’initiative sur l’Europe, peu présente dans ses interventions sur TF1 et devant BFMTV et Mediapart. Le moment est bien choisi. Le front des « 27 » a résisté au Brexit, la Chancelière Angela Merkel, enfin dotée d’un gouvernement, entend relancer le couple franco-allemand sans le soutien duquel aucune avancée n’est possible dans l’Ue alors que cette dernière va affronter des échéances importantes avec notamment l’élection, dans un peu plus d’un an, d’un nouveau Parlement européen au suffrage universel direct. Pour préparer cette campagne, les partis populistes et anti-européens ne s’avouent pas vaincus malgré leurs défaites en France et aux Pays-Bas mais leur poussée en Hongrie et en Italie.

 

A la tribune du Parlement européen,  Emmanuel Macron devrait rappeler l’importance des décisions à prendre à 27 pour créer une véritable défense européenne, doter l’Ue d’une industrie numérique moderne et efficace, compléter la zone euro et répondre aux défis des migrations et du réchauffement climatique dans un contexte international tendu. A l’issue de son discours, deux heures d’échanges sont prévues avec les eurodéputés qui pourraient avoir à coeur de défendre le principe des têtes de liste pour désigner le prochain Président de la Commission, malgré l’opposition manifestée par les chefs d’Etat et de gouvernement lors de leur dernier sommet de Bruxelles. Après un déjeuner de travail avec les présidents du Parlement et de la Commission et les chefs des groupes politiques du Parlement, le Président de la République renouvellera avec les autorités régionales le contrat triennal qui fait de Strasbourg l’une des capitales des institutions européennes, un rôle auquel la France n’entend pas renoncer malgré les critiques des partisans d’un siège unique de ces institutions .

 

C’est ensuite à Epinal devant quelques centaines de participants que Macron va lancer les consultations citoyennes qu’il a imaginées et qui auront lieu dans toute l’Union pour, à la fois, prendre le pouls des attentes, mais aussi de critiques, des Européens et pour tenter ensuite de les convaincre de participer plus  massivement que par le passé à l’ élection de leurs eurodéputés. Le Président souhaitait que, pour ces élections de 2019, quelques listes transnationales puissent être constituées.  Mais il n’a pas obtenu le soutien nécessaire de ses partenaires sans pour autant y renoncer pour les élections européennes de 2024. Symbole enfin de la volonté franco-allemande de jouer un rôle moteur dans cette relance de l’Europe, Emmanuel Macron se rendra jeudi à Berlin pour une séance de travail avec Angela Merkel  après celle  qui les avait réunis le 16 mars à Paris.                                           

 

Par Jacques Docquiert

 

Par Redaktion ParisBerlin le 16 avril 2018