Par Jacques Docquiert

 

 

La charte sociale adoptée à Göteborg à l’initiative du Président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et de la Suède, ne revêt pas de caractère contraignant. Mais au moment où les populistes et les eurosceptiques dénoncent le « dumping social » favorisé selon eux par l’Europe, elle marque la volonté politique des « 27 » de relancer l’Europe sociale, parent pauvre de la construction communautaire, alors que le chômage continue à frapper 7,5% de la population européenne et dépasse 20% en Grèce. « Je souhaite que cette déclaration ne reste pas une énumération de voeux pieux, mais au contraire qu’elle se concrétise par des projets législatifs » a souligné Jean-Claude Juncker.

 

Le Président de la Commission, son homologue du Parlement européen et le Premier ministre estonien, dont le pays préside l’UE, ont solennellement paraphé cette charte. Elle énumère vingt principes et droits fondamentaux censés être garantis dans toute l’Union et qui se déclinent en trois grands chapitres : l’égalité des chances et l’accès au marché du travail, des conditions de travail équitables et la protection et l’inclusion sociales. Y figurent notamment le droit à enseignement et à l’orientation professionnelle, l’égalité des chances et du traitement entre hommes et femmes. Une référence est faite à « des salaires minimum appropriés qui doivent être garantis à un niveau permettant de satisfaire aux besoins du travailleur et de sa famille compte tenu des conditions économiques et sociales du pays, tout en sauvegardant l’accès à l’emploi et les incitations à chercher un emploi ». « Nous avons observé une inquiétude croissante parmi les gens et une méfiance grandissante concernant les solutions politiques. Il est temps de remettre les citoyens au centre des préoccupations de l’UE car l’Union, c’est les citoyens d’abord » a souligné le Premiuer ministre suédois Stefan Löfven. La Chancelière allemande Angela Merkel était la grande absente de ce sommet social, le premier organisé depuis 40 ans, étant retenue à Berlin par les négociations sur la formation d’un nouveau gouvernement de coalition.

 

Par contre, Theresa May, la Première ministre britannique, a fait le voyage de Göteborg où les négociations du Brexit ont été évoquées par plusieurs participants. « L’heure tourne. J’espère que nous serons capables d’avoir un accord en ce qui concerne les clauses du divorce au Conseil européen de décembre. Mais il y a encore du travail à faire » a averti M.Juncker. Mme May, de son côté, a dit « espérer que l’Union répondra positivement à ses offres afin de parvenir aux meilleurs accords possibles qui soient bénéfiques aussi bien aux citoyens du Royaume-Uni qu’à ceux des 27 autres pays de l’UE ». La veille, c’est le président du Conseil Donald Tusk, qui avait indiqué « qu’il reste beaucoup à faire » avant de lancer les discussions sur la future relation avec Londres après le Brexit. Les 27 partenaires de Londres considèrent, en effet,  que cette deuxième phase des négociations ne pourra intervenir que si « des progrès significatifs » ont été enregistrés dans trois dossiers prioritaires à leurs yeux : le règlement financier, les droits des expatriées européens et britanniques et les conséquences de la séparation pour l’Irlande, ce qui n’est toujours pas le cas actuellement.

Par Redaktion ParisBerlin le 17 novembre 2017