Par Moritz Pfeifer

 

 

Dans son nouveau livre, La constitution de l’Europe, Habermas développe cette critique et la dirige sur l’Union européenne et ses décisions anti-démocratiques depuis la crise financière. Mais à l’inverse de Michéa, Habermas propose une alternative. Il plaide pour une « démocratie délibérative » dans laquelle les citoyens prennent part aux processus de décision. La démocratie délibérative s’oppose à la démocratie libérale, dans le sens où elle place l’homme au centre de l’ordre politique et ne cherche pas le compromis utilitaire. Pour Habermas, il est question ici de principes moraux, ce qui rejoint la position de Michéa qui avance la nécessité d’un débat sur « le bien ». L’article 11 du traité de Lisbonne prévoit des éléments d’une démocratie délibérative assurant le droit des citoyens à davantage d’auto-détermination. C’est certainement ce qui sépare Michéa et Habermas. Pour le premier, la démocratie est un processus partant du bas pour aller vers le haut. Habermas, lui, donne l’impression que la simple existence des principes de base suffit.
Gallimard, 240 pages, 18,90 euros

Par Rédaction ParisBerlin le 16 février 2015