Par Antoine Belhassen

 

« Ce festival oeuvre pour la langue française et allemande. Il représente le travail commun de la France et de l’Allemagne comme moteur de liberté en Europe. » C’est une vaste mission que s’est accordé le festival « arabesques », qui aura lieu du 22 janvier au 27 février à Hambourg. Pour la remplir, des dizaines d’artistes français et allemands vont, pendant ces cinq semaines, faire vivre la culture sous toutes ses formes. Mais cette année, plus que jamais, la programmation s’est dessinée autour d’un contexte particulier, celui de la situation des réfugiés. À cette occasion, les deux organisateurs, Barbara Barberon-Zimmermann et Nicolas Thiébaud, ont passé commande auprès du compositeur Thierry Pécou, avec comme thème « Les Grands Ports – Heimat und Exil » (« Patrie et exil » en français).
Son concert « La Voie de la Beauté » trouvera refuge dans un lieu anodin, le BallinStadt d’Hambourg, le 22 janvier. Loin des scènes ordinaires, ce musée fut, des décennies auparavant, un des derniers points de départ des grandes émigrations européennes du XXème siècle. Le compositeur Thierry Pécou tentera, à travers son travail, de redonner au bâtiment l’essence de sa fonction primaire. Installation vidéo, jeu de scène et ensemble musical tenteront de retransmettre au public le parcours de milliers d’immigrés à travers les époques. Les solistes Katarina Livjanic et Noa Frenkel accompagneront l’oeuvre et interagiront avec les musiciens, les artistes et les spectateurs.

La culture au service des pays

« La Voie de la Beauté » donne le départ à plus d’un mois de culture avec des spectacles, des expositions et des conférences au quotidien. Une grande partie des événements resteront dans le thème du voyage, de l’exil et des pays. À commencer par l’exposition photo du 26 janvier sobrement intitulée « Heimat ». Les artistes Nathalie Brochard et Hervé Dieu ont voyagé de Paris à Hambourg pour immortaliser des couples franco-allemands avant de leur demander « Où vous sentez-vous à la maison ? ». Darius Milhaud ou Eric Wolfgang Korngold sont, eux, partis de leur patrie par nécessité, au début du XXème siècle. Leur talent et leur musique classique ont pu perdurer. C’est également pour leurs histoires que les étudiants de la Hochschule für Musik und Theater reprendront leurs oeuvres, le 8 février.
Le festival « arabesques » souhaite s’adresser à tous les publics et organise une exposition sur la culture urbaine et le street-art avec l’exposition du Tchèque Tomas Junker, plus connu dans son milieu sous son surnom « Pauser ».  Ses oeuvres arpentent les murs des grandes villes européennes et surpassent les frontières. Lauréat du prix « Au delà du mur » l’artiste sera présent pour le vernissage de son exposition avant de faire une démonstration de ses talents aux visiteurs.

Hambourg, ville d’émigration

Si la culture occupe une grande partie de ce mois de février à Hambourg, l’actualité et les flux migratoires restent des notions importantes du festival. Mercredi 10 février, Olaf Scholz, premier maire de Hambourg et plénipotentiaire pour les relations culturelles franco-allemandes, invite Pierre-Yves Le Borgn’, député représentant les Français de l’étranger, et Claire Demesmay, responsable du programme franco-allemand à l’Institut allemand de la politique étrangère (DGAP), à discuter de l’état actuel de l’Europe. L’UE, touchée par les crises et les menaces terroristes, peut-elle relever le défi de l’accueil ? Le comédien Michael Weber tentera de prouver à travers sa lecture du roman Die Auswanderer que l’Europe a connu pareille situation, au début du XXème siècle. Le roman revient sur l’histoire du port d’Hambourg qui était le plus important port d’émigration d’Allemagne. Confrontés à la guerre, de nombreux Européens y ont pris la mer pour fuir leur pays.

JEU CONCOURS : Pour remporter 1×2 places pour la soirée d’inauguration et le concert « La Voix de la Beauté », il vous suffit d’envoyer un mail à berlin1@parisberlinmag.com jusqu’au 20 janvier avec la réponse à la question suivante :

De quelle nationalité est le compositeur Thierry Pécou ?

 

Par Redaktion ParisBerlin le 15 janvier 2016