Critiquée souvent de l’intérieur par des partis europhobes et nationalistes, l’Europe fait pourtant rêver notamment les pays des Balkans occidentaux qui y voient une opportunité de renforcer leurs démocraties et leurs économies. L’Union a d’ailleurs entamé des négociations d’adhésion avec le Monténégro en 2012 et avec la Serbie en 2014. Et Frederica Mogherini, la représentante de la diplomatie européenne, estime que les conditions sont remplies pour faire de même avec l’Albanie et la Macédoine. «  La décision se fonde sur une évaluation des progrès réalisés par ces deux pays sur les recommandations faites en 2016 et sur un examen des mesures mises en oeuvre par Tirana et Skopje » a expliqué Mme Mogherini, lors d’une conférence de presse, en ajoutant : « Cette décision constitue un message d’encouragement à ces pays de poursuivre les réformes…Il revient aux Etats membres d’évaluer ces progrès et de prendre une décision ». 

Celle-ci est loin d’être acquise, tous les Etats membres refusant, pour l’instant, d’intégrer de nouveaux pays. « Ces réticences sont bien réelles » a reconnu le commissaire européen responsable de l’intégration européenne, l’Autrichien Johannes Hahn. « Dans mon pays, la majorité de la population est contre . Nous devons expliquer les avantages de l’élargissement et de l’intégration des pays des Balkans occidentaux » a-t-il ajouté. Il semble donc peu probable que les « 28 » acceptent l’ouverture de nouvelles négociations d’adhésion, les derniers élargissements ayant eu lieu en 2007 pour la Bulgarie et la Roumanie et en 2013 pour la Croatie.

Le mois dernier, la Commission a présenté aux Etats membres des rapports d’évaluation sut l’Etat de droit et les réformes dans sept pays souhaitant rejoindre l’Union : la Serbie, le Kosovo,la Bosnie Herzégovine, la Macédoine, le Monténégro, l’Albanie et la Turquie. Elle avait alors indiqué que l’Albanie et la Macédoine devaient encore améliorer l’efficacité de leur système judiciaire et la lutte contre la corruption et le crime organisé. Elle avait, en même temps, exclu l’ouverture de nouveaux chapitres de négociation avec la Turquie. « Nous devons veiller, précisait-elle, à ce que les réformes en particulier celles concernant l’Etat de droit soient mises en oeuvre et produisent des résultats durables  dans ce pays ».

En novembre 2017, le président de la Commission Jean-Claude Juncker avait estimé que la Serbie et le Montenegro pourraient être membres de l’Union avant 2025, les experts avançant la date de 2030 pour l’Albanie et la Macédoine. Un sommet européen avec les pays des Balkans occidentaux doit avoir lieu le 17 mai à Sofia. Pour aider ces pays, la Commission a mis au point une stratégie prévoyant des financements ciblés, six initiatives ayant été identifiées : la sécurité et les migrations, la réconciliation, l’Etat de droit, les transports et l’énergie, le numérique et les relations de bon voisinage.

Par Redaktion ParisBerlin le 18 avril 2018