Par Jacques Docquiert

 

La Commission européenne a nommé plusieurs directeurs généraux, Martin Selmayr, l’actuel chef de cabinet de Juncker, devenant le secrétaire général, c’est-à-dire le fonctionnaire le plus gradé de l’exécutif communautaire.

 

Il était l’un des hommes les plus puissants de la Commission européenne et il le restera. Sur proposition de Jean-Claude Juncker, son actuel chef de cabinet (l’équivalent du directeur de cabinet français), l’Allemand Martin Selmayr, a été nommé mercredi secrétaire général de la Commission, le poste le plus élevé de l’administration de l’exécutif communautaire. Selmayr succède ainsi à un Français, un Britannique, un Hollandais, à deux Irlandais et à un italien qui ont occupé ce pose-clé depuis 1958.

 

« Martin Selmayr a toutes les qualités pour remplir cette mission » a souligné Juncker. A 49 ans, Selmayr était devenu, pour certains, le véritable patron de l’exécutif communautaire, Juncker se reposant sur lui pour préparer puis pour imposer les décisions les plus spectaculaires proposées par la Commission. D’une grande intelligence mais très autoritaire, travailleur infatigable mais supportant mal la contradiction, Selmayr a rempli auprès de Juncker un rôle comparable à celui de Pascal Lamy « le moine soldat », qui occupait le même poste au cours du mandat de Jacques Delors. Ses détracteurs déplorent que la plupart des propositions présentées par la Commission, lors de sa réunion hebdomadaire du mercredi, sont élaborées et souvent décidées en réunion des chefs de cabinet du lundi sous l’autorité incontestée de Selmayr. Sa nomination renforce, en outre, le poids de l’Allemagne au sein des institutions européennes, même si Juncker s’en est défendu. « Il n’y a pas de nationalités au sein de la Commission. Jamais je n’ai demandé le passeport à mes interlocuteurs. Martin Selmayr n’est pas Allemand, il vient d’Allemagne ».

 

Dans la foulée, la Commission a nommé cinq nouveaux directeurs généraux : une Chypriote, une Bulgare, un Français, un Néerlandais et un Italien. Elle a aussi désigné cinq nouveaux directeurs généraux adjoints, parmi lesquels quatre femmes. « J’ai insisté sur le besoin d’avoir plus de femmes à des positions stratégiques dans notre institution » a souligné Juncker. Au début de son mandat, il avait souhaité atteindre au moins 40% de femmes à des postes d’encadrement au sein de la Commission. Avec les nouvelles nominations, ce pourcentage atteint désormais 36%, contre 11% en janvier 2014. C’est une Espagnole, Clara Martinez Alberola, jusqu’à présent chef de cabinet adjoint du Président Juncker, qui succède à Martin Selmayr.

Par Redaktion ParisBerlin le 21 février 2018