Par Jacques Docquiert

 

Si elle est le pays le plus pauvre de l’Union, la Bulgarie compte néanmoins parmi ses défenseurs les plus convaincus et entend bien le démontrer au cours du premier semestre 2018 pendant lequel elle va présider les travaux communautaires. Souvent critiqué pour sa corruption endémique, ce pays, qui a rejoint l’Union en 2007, a su profiter de l’aide européenne pour commencer à moderniser son économie et améliorer la vie de ses 7,1 millions d’habitants. Après une vie politique agitée au lendemain de la chute du communisme, la Bulgarie a renoué avec une certaine stabilité grâce à son Premier ministre de centre-droit, Boïko Borissovo, revenu pour la troisième fois au pouvoir en avril en s’alliant avec des partis nationalistes auxquels il a imposé sa ligne pro-européenne.

 


Preuve de cet engagement, la Bulgarie a accepté, contrairement aux pays du groupe de Visegrad – la Pologne, la République tchèque, la Hongrie et la Slovaquie – la politique européenne de relocalisation des réfugiés arrivés en Grèce et en Italie. Elle appelle donc tous les Etats membres à faire preuve de solidarité en la matière au moment où vont s’engager les discussions sur la réforme du « mécanisme de Dublin » qui fait peser sur les pays d’arrivée des migrants la responsabilité de leur accueil et du traitement de leurs demandes d’asile. Elle défend la même solidarité pour garantir la protection des frontières extérieures de l’Union en refusant de bâtir des clôtures à l’intérieur. Partageant près de 300 km de frontières terrestres avec la Turquie, le gouvernement bulgare est un ardent défenseur de l’accord passé en mars 2016 avec ce pays qui accueille, moyennant une aide financière, les migrants arrivés illégalement dans les îles grecques.

 


« L’Union fait la force » est le slogan choisi par la présidence bulgare pour mener les débats européens de janvier à juin 2018. Au cours de ce semestre, elle est décidée à  faire progresser les négociations du Brexit , qui vont désormais porter sur l’organisation des relations commerciales entre le Royaume-Uni et ses anciens partenaires européens. Alors que les fonds européens ont assuré plus de 60% de la croissance bulgare depuis 2007, la nouvelle présidence aura à coeur de gérer au mieux la réduction probable du budget européen provoquée par le Brexit pour que les pays de l’Est ne pâtissent pas trop de cette diminution. La Bulgarie, qui souhaite rejoindre le plus vite possible l’espace Schengen de libre circulation et, plus tard, la zone euro, suivra donc avec intérêt les débats sur la relance de l’Union économique et monétaire, même si elle n’y participe pas directement. Enfin un sujet tient particulièrement à coeur à la présidence bulgare : les relations avec ses pays voisins des Balkans qu’elle voudrait voir, un jour, rejoindre l’Union. Pour évoquer ce dossier, elle organisera en mai un sommet UE-Balkans et entend développer des projets d’infrastructures avec plusieurs d’entre eux, notamment la Serbie et le Monténégro.

 

Par Redaktion ParisBerlin le 2 janvier 2018