Par Jacques Docquiert

C’est un avertissement sérieux que la Commission Juncker a adressé, mercredi, à Emmanuel Macron et à son ministre des finances, Bruno Le Maire. Le projet de budget français pour 2018 « entraîne un risque de non conformité avec les exigences du pacte de stabilité et de croissance », écrit-elle, redoutant « un écart important » avec l’objectif imposé à la France de ramener son déficit sous la barre des 3% de PIB. « Nous avons présenté aujourd’hui les avis de la Commission sur les projets de plans budgétaires 2018  et nous invitons les Etats membres qui risquent de ne pas respecter le pacte de stabilité et de croissance à prendre les mesures nécessaires pour adapter leur trajectoire budgétaire » a expliqué Valdis  Dombrovskis, le vice-président de la Commission chargé de l’euro.

Selon Bruxelles, rien n’indique donc que la France quittera la procédure pour déficit excessif ouverte contre elle en 2009, en dépit des engagements réitérés d’Emmanuel Macron. L’exécutif communautaire estime, en effet, que non seulement la France ne réduit pas suffisamment son déficit structurel, en finançant notamment des baisses d’impôts importantes, mais qu’elle ne limite pas , en outre, autant qu’elle le devrait ses dépenses publiques.

La situation de l’Italie inquiète encore plus la Commission qui s’est alarmée du gonflement de sa dette publique. « Le niveau de cette dette, avertit–elle, rend l’Italie particulièrement vulnérable…Etant donné la taille de son économie, c’est une source d’inquiétude pour la zone euro dans son ensemble ». La dette publique italienne cumulerait en effet à 132,1% du PIB de la péninsule en 2017 et dépasserait encore 130% en 2018 et en 2019 alors que la moyenne des pays de la zone euro s’établirait à 87,2% en 2018. En Espagne, l’autre pays avec la France faisant l’objet d’une procédure pour déficit excessif, la Commission note que le projet de budget 2018 est « globalement conforme » aux exigences du pacte de stabilité, le déficit devant passer sous la barre des 3% en 2018. Globalement, Bruxelles indique que, pour l’ensemble de la zone euro,  six pays – l’Allemagne, la Lituanie, la Lettonie, le Luxembourg, la Finlande et les Pays-Bas – prévoient des budgets 2018 conformes aux exigences du pacte de stabilité et de croissance, cinq autres – l’Estonie, l’Irlande, Chypre, Malte et la Slovaquie – en sont proches alors que des doutes existent pour la Belgique, l’Autriche, le Portugal et la Slovénie.

 

Par Redaktion ParisBerlin le 24 novembre 2017