Par Jacques Docquiert

 

Le discours de Theresa May, la semaine dernière à Florence, a donné une nouvelle impulsion aux négociations du Brexit, jusqu’alors dans l’impasse.  Les deux négociateurs, David Davis pour le Royaume-Uni et Michel Barnier pour les « 27 »,  en ont convenu en notant quelques progrès à l’issue de la quatrième session de négociations qui s’est achevée jeudi à Bruxelles. « Nous avons eu une semaine constructive. Mais on ne peut pas encore parler de progrès suffisants sur le principe d’un retrait ordonné. Il faudra travailler encore dans les semaines et les mois qui viennent » a résumé Michel Barnier, nettement plus circonspect que son homologue britannique qui a salué « des pas en avant décisifs ».

Cette différence d’appréciation s’explique par la volonté britannique d’ouvrir au plus vite la deuxième phase des négociations au cours de laquelle sera abordée la question de l’organisation des relations futures entre le Royaume-Uni et ses vingt-sept partenaires. David Davis a ajouté cette semaine qu’il attendait également une réponse des Européens à la demande britannique d’instaurer une période transitoire d’environ deux années après l’entrée en vigueur du Brexit pour permettre à son pays de s’adapter aux nouvelles règles du jeu. Mais Michel Barnier lui a laissé peu d’espoir sur ce calendrier en répétant qu’il appartiendrait vraisemblablement au sommet européen, qui se tiendra en octobre, de dresser un premier bilan de ces discussions. Et en ajoutant que c’est seulement si des progrès substantiels ont été obtenus sur les trois dossiers prioritaires pour l’Union – le sort des citoyens européens installés outre-manche et la garantie de leurs droits, le solde des comptes entre les deux parties et la question de l’Irlande – que les relations futures pourront être évoquées. De la même manière, il a expliqué que c’est seulement à ces conditions que les Européens se prononceront sur la demande britannique de période transitoire.

Or il semble de moins en moins probable que les « 27 » pourront constater des avancées significatives sur ces points lors de leur prochain sommet prévu les 19 et 20 octobre. Les deux camps ont, en effet, été incapables de trouver cette semaine un accord sur la manière de garantit le respect des droits des citoyens de l’Union résidant au Royaume-Uni. « Nous voulons sécuriser ces droits et ceux de leurs familles au delà du 30 mars 2019, date du retrait. Et une grande incertitude demeure sur ce point crucial à nos yeux » a affirmé Michel Barnier. Les Européens exigent notamment que ces droits soient garantis par la Cour de justice de l’UE, qui devra jouer « un rôle indispensable » en la matière. Ils se heurtent à un refus de Londres qui accepte seulement que les dispositions négociées en ce domaine soient retranscrites dans la loi britannique. Autre pomme de discorde : le montant de la facture à acquitter par l’ancien Etat membre pour solder ses comptes à l’égard de l’Union. « Nous sommes loin du compte » a souligné Barnier jeudi alors qu’aucun chiffre n’est officiellement annoncé de part et d’autre mais que l’écart entre les estimations varie du simple au triple, Londres évoquant un montant inférieur à 40 milliards d’euros, les Européens chiffrant cette facture aux alentours de 100 milliards.

Par Redaktion ParisBerlin le 28 septembre 2017