Par Jacques Docquiert

 

Sauf miracle, Theresa May rentrera vendredi à Londres les mains vides et un peu plus affaiblie au sein de son propre parti. Après s’être entretenue dimanche avec la chancelière allemande Angela Merkel, lundi avec le président français Emmanuel Macron puis avoir fait un aller et retour à Bruxelles pour y dîner avec le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, aucun de ses interlocuteurs n’a paru disposé à ouvrir, comme elle le souhaite, la seconde phase des discussions du Brexit concernant les futures relations entre son pays et les 27 membres de l’UE. Dans un bref communiqué se gardant d’évoquer les détails des négociations de plus en plus tendues , May et Juncker se sont contentés d’exprimer leur volonté « d’accélérer leurs efforts dans les mois à venir ». Un silence qui augure mal de la décision des dirigeants européens, réunis en sommet jeudi et vendredi à Bruxelles, de passer ou non à la seconde étape des discussions du Brexit.

Du point de vue de l’Union, le compte, en effet, n’y est pas, les négociations de la semaine dernière s’étant terminées « par une impasse », selon Michel Barnier le négociateur de l’Union, sur la question clé du montant du chèque que devront payer les Britanniques. Et sur les deux autres points constituant un préalable pour les « 27 » – le sort des citoyens européens installés outre-manche et de la frontière entre l’Irlande et la province britannique du même nom – la situation ne parait guère plus favorable. En gage de bonne volonté, Donald Tusk, le président du Conseil, pourrait proposer, en attendant le prochain sommet de décembre, que les « 27 » engagent entre eux un débat sur l’idée avancée par Theresa May d’instaurer une période transitoire de deux ans après la date prévue pour le départ du Royaume-Uni fin mars 2019. Cette période permettrait de « geler » les relations entre les deux parties en attendant leur nouveau statu. Mais plusieurs Etats ne seraient pas favorables à un tel geste, notamment la France et l’Allemagne. Aussi Tusk a-t-il modifié sa proposition initiale en présentant un nouveau projet de conclusion du sommet faisant référence, pour la première fois et contre l’avis de Londres, au rôle que doit jouer la Cour de justice européenne pour garantir les droits des ressortissants de l’Union qui resteraient au Royaume-Uni après le Brexit.

L’absence de progrès vendredi sur les négociations du Brexit et un tel durcissement de la position européenne constituerait un échec pour Mme May déjà largement critiquée, y compris au sein de son propre parti, pour sa gestion des discussions sur le divorce entre son pays et l’Union. Cette absence de résultats inquiète, en effet, tant les partisans d’un « Brexit dur » que leurs opposants dans un climat d’incertitude économique croissante.

 

 

Par Redaktion ParisBerlin le 17 octobre 2017