Par Jacques Docquiert

La première étape a finalement été franchie. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les négociateurs britanniques et ceux de la Commission, conduits par Michel Barnier, ont trouvé un accord sur les principales modalités du divorce entre le Royaume-Uni et ses 27 partenaires. Il a été officialisé, dans la matinée, par Theresa May et Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission, avant d être soumis, le 15 décembre, à l’approbation des dirigeants des « 27 » qui devraient alors donner leur feu vert à l’ouverture des discussions sur les relations commerciales futures entre l’ex et les actuels Etats membres de l’Union. « La négociation a été difficile » et l’accord constitue « un compromis » a expliqué Jean-Claude Juncker, lors d’une conférence de presse commune avec la Première ministre britannique.

Les « 27 » avaient posé trois préalables pour passer à l’étape suivante. Obtenir tout d’abord des engagements de Londres sur le sort des quelques 2,7 millions de citoyens européens installés au Royaume-Uni et sur celui de leurs homologues britanniques vivant dans l’Union. « Ce sujet a été prioritaire. Leurs droits resteront les mêmes après le Brexit » a souligné Juncker. Les « 27 » ont cependant dû faire une concession importante sur le rôle de la Cour de justice de l’Union pour garantir ces droits. Le recours à son arbitrage ne sera finalement que facultatif et applicable huit ans après l’officialisation du divorce. Londres a finalement cédé sur le calcul du montant du chèque de sortie pour solde de tout compte avec l’Union. Il devrait tourner autour des 50 milliards d’euros, une somme refusée il y a encore quelques jours par les tenants d’un « Brexit dur ». Theresa May a enfin assuré qu’il « n’y aurait pas de retour à une frontière stricte » entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, comme l’exigeait Dublin avec le soutien des autres capitales européennes.

Reste que le temps presse désormais pour évoquer les relations commerciales futures, aux conséquences cruciales pour les deux parties, puisqu’il aura fallu près d’un an pour trouver cet accord sur le divorce et que les négociations  doivent être bouclées d’en moins d’un an, « en octobre 2018 » comme l’a rappelé Michel Barnier. Et tous les experts s’accordent à admettre que cette seconde phase, qui devrait s’ouvrir début 2018, est beaucoup plus importante et complexe que les trois dossiers qui semblent désormais bouclés. Si le Conseil européen considère, la semaine prochaine, que des progrès suffisants ont été accomplis, les deux camps devront, en effet, préparer l’accord de retrait définissant notamment les nouvelles relations entre le Royaume-Uni et l’Union. Ils devront également s’entendre sur la durée de la période de transition qui commencera au lendemain du Brexit, le 1er avril 2019 et qui devrait être limitée à deux ou trois ans. La première phase des négociations a , dores et déjà, montré que les « 27 » sont restés unis autour du mandat confié à la Commission. Cette solidarité et cette fermeté, à l’égard des demandes britanniques, seront encore plus cruciales pour la poursuite des débats.

 

Par Redaktion ParisBerlin le 8 décembre 2017