PARIS BERLIN DEVIENT

Chers lecteurs, abonnés, amis,

A l’heure de choix difficiles j’ai souhaite m’ouvrir à vous et vous donner à voir l’envers du décor de ce qu’est la conduite du projet aussi complexe que passionnant qu’est ParisBerlin.

Voilà plus de dix années que je conduis bénévolement, (et adossé à un groupe de communication indépendant nous ne comptons plus les pertes accumulées chaque année), ce projet franco-allemand avec enthousiasme. Je vous remercie du fond du cœur de votre fidélité, de vos encouragements, et souvent de votre amitié. J’ai rencontré sur ce chemin ardu des gens absolument extraordinaires, convaincus, profonds, dévoués, désintéressés. Et ma rémunération humaine et intellectuelle a été à nulle autre pareil. A telle enseigne que non je ne regrette rien.

Bien sûr dans un tel projet il faut aussi s’attendre à croiser des aventuriers affairistes ne désirant qu’épouser une carrière politique et fréquenter des sphères d’influence, et aussi des personnalités se réclamant du passé se proclamant gardiens de mémoire, s’enivrant de commémorations, pour ne pas voir que l’avenir était déjà advenu… sans eux. Que de nouvelles générations plus vives, plus technologiques demandaient d’autres discours. (Et contre toute surprise ces gens n’étaient pas nos grands aînés loin s’en faut. J’ai toujours trouvé une incroyable modernité chez le Professeur Alfred Grosser ou dans mes conversations avec le regretté Antoine Veil).

De notre côté, en plus de dix années d’aventure éditoriale nous avons construit le seul dispositif de contenus totalement privé - c’est à dire réellement libre - publié plus de 100 numéros, diffusé en kiosque et sur abonnement. Si l’on considère le nombre de lecteurs au numéro, et ceux qui voyagent de mains en mains, de bibliothèques en universités, nous avons informé, éveillé des publics dont le nombre serait très impressionnant à calculer. 

En plus de dix années, j’ai aussi participé à quelques centaines de réunions publiques en France, en Allemagne pour constater désabusé que les mêmes personnes hantaient ces lieux, que la plupart des salles étaient désertées, que bref cela n’intéressaient pas grand monde sinon les convaincus ou pis ceux qui en font profession. Ce résultat est décourageant et pose un problème de fond. Sommes-nous sur la bonne voie ? Et pour nous une question plus personnelle, devons-nous servir de caution, relayer ces « forces » qui n’ont d’impact que sur elles mêmes.

J’ai beaucoup consulté à ce sujet - y compris au plus haut niveau politique - pour acquérir la conviction que nous faisions pour notre part fausse route. Que le franco-allemand ne devait pas être centripète, qu’il tournait depuis trop longtemps en rond, qu’il devait être axyfuge, revenir, agir, se développer dans un cadre plus large. Nous sommes les premiers à nous être détournés des commémorations, du passé, à nous tourner résolument vers l’avenir, vers un cadre européen. Beaucoup nous ont suivi ou s’en réclament sans véritablement faire quoi que ce soit. Nous avons décidé de faire. 

Et partant de ce constat, le moment nous a paru venu de prendre ce risque. De déployer le franco-allemand vers ce pour quoi il a été pensé : une locomotive européenne. Cela signifie concrètement pour nous de lancer EUROPÉENS une revue européenne. Résolument européenne à un moment où de toutes parts cette Europe se tend et se trouve menacée par l’Europe des nations si chère aux extrémistes des deux bords. Et de le faire sur un angle économique et sociétal. Un pari périlleux tant on sait que l’Europe est difficile à communiquer, à parler. Tant on sait aussi le nombre d’expériences éditoriales qui ont échoué. Mais c’est un choix de raison aussi où je sais que nous serons en mesure de mêler, d’inviter de nouveaux acteurs à rejoindre et à comprendre le franco-allemand.

Cette revue, nouvelle et différente, paraîtra courant janvier 2019. Elle mêlera reportages et enquêtes, et ne s’interdira pas de montrer les freins de l’Europe, mais aussi et surtout le positif de l’espace européen qui ne se résume pas à Paix, Schengen, Euro, Erasmus, Easyjet…. Nous allons adopter le style du « journalisme de solution », des articles longs, des signatures connues et inattendues et révéler l’Europe comme un fait plutôt que comme un but : à trop dire qu’il nous faut la construire on en vient à penser qu’elle n’existe pas, alors que pour nous elle est concrète, bien réelle. 

Sur le fond j’ai tendance à penser qu’il s’agit plus d’une mutation, d’un dépassement de nos frontières actuelles et que c’est une bonne chose. Même si pour nous cela représente un travail colossal. Parce que sur la forme aussi les choses vont changer : et si vous avez connu le magazine papier ParisBerlin monolingue puis bilingue il va revenir au monolinguisme pour gagner de l’espace, de la vitesse aussi. D’abord la revue paraitra en français, mais nous cherchons actuellement en Allemagne, en Italie et en Espagne des co-éditeurs qui traduiront et diffuseront nos contenus dans leurs pays respectifs. Et puis plutôt que de culpabiliser ceux qui ne parlent pas la langue de l’autre, nous laisserons se déployer pour parodier Umberto Eco ce qu’est la véritable langue européenne : celle de la traduction.

Il est un peu tôt pour vous révéler tout ce que sera cette nouvelle revue qui sera disponible sur abonnement, en kiosques et en librairies. Il nous reste quelques semaines encore pour la peaufiner, mais sachez que j’accorde à la confiance que vous m’avez toujours témoigné la plus grande considération et que je ferai tout pour ne pas la décevoir. 

Pour finir sachez, fidèles lectrices et lecteurs de ParisBerlin, que vous pouvez déjà vous abonner à EUROPÉENS via le formulaire d’inscription disponible sur le site europeens.net. Les fêtes de fin d’année sont d’ailleurs une excellente occasion d’offrir un cadeau original, un abonnement à EUROPÉENS !

Je vous donne donc rendez vous en janvier 2019 à quatre mois des élections européennes et en attendant vous assure de ma réelle considération.

Olivier Breton 

Editeur fondateur de EUROPÉENS

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